Archive for ACTUALITÉ

Stage à thème : Chant et CNV

Chant et CNV : Chanter l’énergie de nos besoins

Co-animé avec Christelle Bonneau, chanteuse, musicienne et danseuse, intervenante et formatrice en chant, danse et mindfullness

Du 6 au 7 avril, en Ariège

Présentation du stage

Au moyen de voyages sensoriels, d’explorations vocales en mouvement, de jeux d’initiation rythmiques et mélodiques et d’impros libres, nous explorerons ensemble nos voix aux couleurs uniques mélangées à l’univers de nos émotions et de nos besoins.

Nous dégusterons la joie du jeu sans enjeu, l’expression spontanée créative de prendre toutes les formes dans l’écoute et l’émerveillement de l’instant présent.

Laisser s’exprimer nos émotions autrement que par les mots, chanter l’énergie de nos besoins et de nos aspirations, c’est cultiver la beauté de notre moi le plus profond et retrouver un lieu de plénitude.

La voix, c’est très intime et beaucoup d’entre nous peuvent se sentir vulnérables et timides à cet endroit. Ce stage est ouvert à toute personne désireuse de se réconcilier avec leur voix en alliant le processus de la CNV.

Quels sont les OBJECTIFS visés ?

  • Développer notre capacité à cultiver une relation plus profonde avec nos émotions et nos besoins et apprendre à ressentir leur énergie dans le corps
  • Entrer en contact avec nous-même et avec les autres
  • Écouter au-delà des mots
  • Transformer nos jugements, croyances et volonté de contrôle
  • Nous engager pleinement dans l’instant présent
  • Ressentir et exprimer afin d’offrir notre couleur, nous affirmer en douceur et expérimenter le groupe comme un soutien chaleureux, une source d’inspiration et de libé Co-créer ensemble

Que vous n’aimiez pas votre voix ou que vous l’adoriez, que vous trouviez que vous chantez faux ou non, vous êtes bienvenu-e dans l’aventure.

Du 6 au 7 avril 2019

Lieu : Chemin Jacouly, 09350 Bordes sur Arize (en Ariège)

Inscriptions : cliquez ici

Informations : secretariat.dbf@gmail.com

CALENDRIER DES STAGES : Cliquez ici

PRIX PAR MODULE EN 2019 :

– Tarif particulier (financement sur deniers personnels) : 2 jours 210 € ; 3 jours consécutifs 320 € ; 4 jours consécutifs 410 € ; 5 jours consécutifs 510 € ; 6 jours consécutifs 600 €.
– Tarif professionnel (professions libérales, associations locales, TPE,…) : 2 jours 340 € ; 3 jours consécutifs 520 € ; 4 jours consécutifs 660 € ; 5 jours consécutifs 820 € ; 6 jours consécutifs 950 €.

 Si vous souhaitez organiser un stage de CNV proche de chez vous, dans la région Sud-Ouest, n’hésitez pas à me contacter sur dianebaranformations@gmail.com et au 06 19 68 74 84.

Calendrier

Approfondissement : L’Énergie des Besoins

8, 9 et 10 mars 2019

Lieu : Madrid (Espagne)

Informations et inscriptions : Carla Redondo – cursosytalleresacnv@gmail.com

15, 16 et 17 mars 2019

Lieu : Barcelone (Espagne)

Informations et inscriptions : Carla Redondo – cursosytalleresacnv@gmail.com

Introduction à la CNV : Modules 1 et 2

30 et 31 mars 2019 : Module 1

Lieu : près de Bayonne. Association Terre d’Issis, 174 Chemin d’Issis, 40 390 Saint Laurent de Gosse

1er et 2 avril 2019 : Module 2

Lieu :  près de Bayonne. Association Terre d’Issis, 174 Chemin d’Issis, 40 390 Saint Laurent de Gosse

4 et 5 mai 2019 : Module 1

Lieu : près de Niort. La Guiarderie, Châtenet, 4 Chemin du Mitan, 79500 Saint-Vincent-la-Châtre

6 et 7 mai 2019 : Module 2

Lieu : près de Niort. La Guiarderie, Châtenet, 4 Chemin du Mitan, 79500 Saint-Vincent-la-Châtre

Inscription : Cliquez ici
Informations : Solène Garreau – secretariat.dbf@gmail.com

Stage à thème : CNV et chant

6 et 7 avril 2019, avec Christelle Bonneau

Lieu : Ariège

Inscription : Cliquez ici
Informations : Solène Garreau – secretariat.dbf@gmail.com

Approfondissement : Cultiver l’amour de soi et l’estime de soi

17, 18 et 19 mai 2019, avec Pamela Dalcol

Lieu : près de Toulouse. Le Parc aux Papillons, 102 chemin français, Les vallées, 31600 Lherm

Descriptif à venir

Introduction à la CNV : Modules 1 et 2

30 et 31 mai 2019 : Module 1

Lieu : Centre Amma, Ferme du Plessis, 28190 Pontgouin

Informations et inscriptions : centreamma@etw-france.org

1 et 2 juin 2019 : Module 2

Lieu : Centre Amma, Ferme du Plessis, 28190 Pontgouin

Informations et inscriptions : centreamma@etw-france.org

Approfondissement : Entendre et dire un Non &  Gratitude et célébration

du 8 au 11 juin 2019, avec Christophe Vincent (formateur certifié par le CNVC)

Lieu : près de Toulouse. Le Parc aux Papillons, 102 chemin français, Les vallées, 31600 Lherm

Informations et inscriptions : christophevincent.pro@posteo.net

Stage à thème : Libérer la joie, être soi et être au monde !

du 22 au 28 juillet 2019, avec Diane Baran et Christine Gaymard 

Lieu : Crète

Descriptif à venir

Introduction à la CNV : Module 3 

21 et 22 septembre 2019 

Lieu : Centre Amma, Ferme du Plessis, 28190 Pontgouin

Informations et inscriptions : centreamma@etw-france.org

Approfondissement : Les croyances limitantes

23 et 24 septembre 2019 

Lieu : Centre Amma, Ferme du Plessis, 28190 Pontgouin

Informations et inscriptions : centreamma@etw-france.org

Approfondissement : Cultiver l’amour et l’estime de soi

26, 27 et 28 octobre 2019 

Lieu : Pau

Descriptif à venir

Approfondissement : CNV et médiation 

14 et 15 novembre 2019 

Lieu : Bayonne

Informations et inscriptions : Christelle Scaviner – scaviner@gmail.com

Approfondissement : L’Énergie des Besoins

16 et 17 novembre 2019 

Lieu : près de Bayonne. Association Terre d’Issis, 174 Chemin d’Issis, 40 390 Saint Laurent de Gosse

Inscription : Cliquez ici
Informations : Solène Garreau – secretariat.dbf@gmail.com

PRIX PAR MODULE EN 2019 :  

– Tarif particulier (financement sur deniers personnels) : 2 jours 210 € ; 3 jours consécutifs 320 € ; 4 jours consécutifs 410 € ; 5 jours consécutifs 510 € ; 6 jours consécutifs 600 €.
– Tarif professionnel (professions libérales, associations locales, TPE,…) : 2 jours 340 € ; 3 jours consécutifs 520 € ; 4 jours consécutifs 660 € ; 5 jours consécutifs 820 € ; 6 jours consécutifs 950 €.

INFORMATIONS PRATIQUES : 

– Horaires habituels des stages :
1er jour : de 9h30 (accueil à 9h) à 18h00
2e jour : de 9h (accueil à 8h45) à 17h30
Pause déjeuner entre 12h30/45 et 14h00.

– Nombre de participant-e-s : de 12 à 18 personnes.
Je suis habituellement accompagnée par plusieurs assistant-e-s pour vous soutenir lors des exercices en sous-groupe.

 Si vous souhaitez organiser un stage de CNV proche de chez vous, dans la région Sud-Ouest, n’hésitez pas à me contacter sur dianebaranformations@gmail.com et au 06 19 68 74 84.

4 jours d’approfondissement

La puissance de la gratitude et des appréciations & Dire et entendre un « non »

Co-animé avec Christophe Vincent, formateur certifié par le CNVC

Stage résidentiel de CNV ponctué de Biodanza

Du 8 au 11 juin 2019, à Lherm, près de Toulouse

La puissance de la gratitude et des appréciations 

Voici les thèmes que nous explorerons ensemble :

  • Se donner de la reconnaissance intérieurement
  • Ressentir la différence entre gratitude sincère et compliments, ce qui essentiel, particulièrement vis à vis des enfants.
  • Explorer ce qui peut empêcher l’accueil de la gratitude de l’autre
  • Nous entraîner à donner et recevoir des appréciations
  • Formuler des appréciations, de la gratitude à autrui de manière simple et sincère

Dire et entendre un non 

Voici les thèmes que nous explorerons ensemble :

  • comment dire « non » à une demande d’une manière qui prend soin de ce qui est important pour chacun-e
  • comment vérifier si vous vous respectez vraiment quand vous dites « oui »
  • comment entendre ce qui est vraiment important pour l’autre au-delà de son « non »
  • comment sortir de la confusion pour faire des choix conscients
  • comment sortir de « l’obligation » de faire, du « je dois » pour vivre plus de liberté et de plaisir au quotidien

Ce qui fait le plus sens pour nous est de rester au plus près de ce que les participants viennent chercher dans le stage, les propositions concrètes seront donc adaptées aux attentes et à la réalité des participants.

Pour cela, nous faciliterons : des exercices ludiques, des moments de connexion profonde, des temps théoriques, des pratiques corporelles et des temps de questions-réponses.

Nous animerons également des sessions de Biodanza, au service de l’intégration profonde des thématiques de ce stage.

La Biodanza, créée par Rolando Toro Araneda est la « Danse de la Vie ». Elle nous permet de développer nos richesses personnelles en nous connectant profondément à nos besoins, de réveiller nos instincts endormis par la civilisation actuelle et de retrouver le plaisir de Vivre ; l’objectif étant de retrouver une connexion sur 3 niveaux : à nous même, aux autres, et plus largement à notre environnement et l’univers.

La session de Biodanza est un espace protégé où chacun.e est invité.e à être bienveillant.e, dans l’accueil et le non-jugement et à expérimenter d’être vraiment soi, aussi bien dans ses envies et ses besoins que dans ses limites du moment.

Du 9 au 11 juin 2019

Lieu : près de Toulouse. Le Parc aux Papillons, 102 chemin français, Les vallées, 31600 Lherm

Informations et inscriptions : christophevincent.pro@posteo.net

CALENDRIER DES STAGES : Cliquez ici

PRIX PAR MODULE EN 2019 :

– Tarif particulier (financement sur deniers personnels) : 2 jours 210 € ; 3 jours consécutifs 320 € ; 4 jours consécutifs 410 € ; 5 jours consécutifs 510 € ; 6 jours consécutifs 600 €.
– Tarif professionnel (professions libérales, associations locales, TPE,…) : 2 jours 340 € ; 3 jours consécutifs 520 € ; 4 jours consécutifs 660 € ; 5 jours consécutifs 820 € ; 6 jours consécutifs 950 €.

 Si vous souhaitez organiser un stage de CNV proche de chez vous, dans la région Sud-Ouest, n’hésitez pas à me contacter sur dianebaranformations@gmail.com et au 06 19 68 74 84.

La langue girafe n’est pas une langue

La langue Girafe n’est pas une langue

Ces propos sur la langue girafe idiomatique ont été recueillis par Jean-François Lecocq, formateur et médiateur à l’Université de Paix, lors de la première session intensive en Communication Nonviolente donnée à La Marlagne du 5 au 15 août 1996.

La Communication Nonviolente est un art de vivre qui nous aide à donner et à recevoir dans un esprit de bienveillance. Elle attire notre attention sur les sentiments, besoins et demandes de chaque personne, et nous garde de toute critique, jugement ou évaluation, qui sont souvent sources de malentendus. L’enseignement du processus de la Communication Nonviolente est souvent présenté comme l’apprentissage d’une langue étrangère, dite «langue girafe», en rapport avec la marionnette utilisée pendant les séminaires de formation pour symboliser l’attitude que l’on veut vivre (la langue «chacal» désignant notre façon habituelle de penser et parler sous formes de jugements, d’évaluations, d’interprétations).

«Maintenant que nous venons de passer beaucoup de temps à réviser la forme de la Communication NonViolente – ou de la langue girafe – et que nous avons vu comment elle s’organisait autour de la façon qu’on a de dire certaines choses, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous :

LA LANGUE GIRAFE N’EST PAS UNE LANGUE !

En fait le processus a relativement peu de choses à voir avec les mots, il est universel et s’applique à toutes les cultures. Si donc vous compreniez la langue girafe, vous ne diriez pas : «C’est un langage que je ne peux pas employer là où je travaille», vous diriez plutôt quelque chose comme : «Comment puis-je arriver à faire circuler ce flot d’énergie là où je travaille ?»

Il y a un mois, en Angleterre, j’ai reçu un cadeau magnifique : la photographie d’un tableau. Ce tableau a été peint après que j’ai raconté l’histoire d’un dialogue que j’ai eu avec un fermier immigrant du Mexique. Si je m’étais adressé à lui, c’est parce que je l’avais vu vivre une danse girafe où il avait permis de façon exemplaire à ce flot d’énergie que je viens de mentionner, de circuler.

Cet homme venait d’avoir une conversation avec une mère et son enfant de trois ans. J’aurais voulu pouvoir filmer cette scène, parce qu’il y avait là un exemple parfait d’un échange girafe. Or pas un seul mot n’a été prononcé !
J’ai assisté à ce moment de communication extraordinaire alors que j’arrivais dans une salle d’attente d’une gare routière de San Francisco. C’était une salle bondée, il y avait foule. Dès que j’ai pénétré dans cette salle d’attente, j’ai immédiatement perçu que quelque chose de merveilleux s’y déroulait. C’est dans le regard d’un enfant de trois ans, assis sur les genoux de sa mère, que je l’ai vu. J’ai regardé de l’autre côté de la pièce, pour voir ce qu’il regardait : c’était une orange. Cette orange était posée sur les genoux du fermier immigrant qui avait juste terminé son repas. Il venait de mettre les vieux papiers dans un cornet brun. Il était sur le point de commencer à peler son orange pour la manger. Il se trouve qu’il a levé les yeux et a croisé le regard de l’enfant.

L’enfant n’a pas dit: « Quand je vois ton orange, je me sens très affamé, et j’ai vraiment le besoin d’être nourri ; j’aimerais que tu me dises si par hasard tu serais d’accord de partager un morceau de ton orange avec moi juste maintenant ; naturellement, je ne voudrais pas que tu le fasses, à moins que tu puisses le faire avec joie ; s’il te plaît, abstiens-toi si, par hasard, il y a un peu de peur, de culpabilité ou de honte dans ta motivation ».Le garçonnet n’a rien dit de tout cela. Et en même temps il a dit tout cela… avec ses yeux.

Et quand ce fermier l’a compris, il n’a pas répondu: « Si je comprends bien, tu as faim ». Et néanmoins il l’a dit, avec son regard. Il s’est levé, il a marché en direction de l’enfant et a eu une magnifique conversation avec sa mère, non verbalement. Il ne lui a pas dit: « Quand je vois les yeux de ton enfant tournés vers moi, j’ai des sentiments mélangés : je ressens de la joie à la possibilité d’exercer ma générosité et, en même temps, je ressens aussi de l’appréhension, parce que j’aimerais être sûr que mon geste ne va pas contrarier tes projets concernant ce que tu veux faire manger à ton enfant aujourd’hui. Ainsi j’aimerais savoir si tu me donnes la permission de donner cette orange à ton fils ? »

Il n’a pas dit cela… et pourtant il l’a dit. Et la mère n’a pas répondu : « Je vois, au mouvement que tu fais avec ton orange, que tu tiens vraiment à l’offrir ». Elle n’a rien dit de tel… et pourtant si.
Quand l’homme est arrivé devant l’enfant, il s’est incliné avec beaucoup de courtoisie, a embrassé l’orange et l’a tendue au petit garçon.

Je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance, car le seul siège resté libre dans cette salle d’attente, se trouvait à côté de celui de cet homme. Je me suis donc assis à côté de lui et lui ai dit: « J’ai été très touché de voir la façon dont vous avez donné votre orange à ce petit garçon ». Je n’avais pas encore maîtrisé la langue girafe aussi bien que lui, les mots m’étaient encore nécessaires ! Il a été sensible au fait que je reconnaisse sa générosité.

J’ai ajouté: « Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la façon dont vous avez embrassé l’orange avant de lui la tendre ». Il a réfléchi un instant et il était très sérieux quand il m’a répondu: « J’ai presque 70 ans et s’il y a une chose que j’ai très bien apprise, c’est de ne jamais rien donner, à moins de le donner du plus profond de son coeur ».

La langue girafe n’est pas une langue, elle n’est pas une affaire de mots ; c’est une attitude qui nous permet de rejoindre un flot d’énergie à partir duquel il est possible de donner du plus profond de son coeur. Et donner du fond du coeur n’est pas une affaire de culture. Plus je voyage, plus je découvre de nouvelles cultures et plus je suis convaincu que fait simplement partie de la nature humaine. J’ai été extrêmement touché de constater le nombre de fois où j’ai été l’objet de cette générosité.

Je suis donc convaincu qu’il s’agit d’un processus naturel. Mais il est certes possible, dans certains contextes, que quelque chose interrompe ce flot et rende plus difficile de parvenir à s’y engager ou de se laisser porter par lui. La langue girafe n’est donc qu’une manière de se rappeler tout cela, de se rappeler où mettre notre attention afin que ce flot, qui est naturel, puisse couler librement.

La langue girafe est une façon de nous rappeler où nous voulons que les autres personnes mettent leur attention. Ce qui ne veut pas dire nécessairement qu’il faille employer certains mots à des moments spécifiques.
Alors, me direz-vous, pourquoi passer tant de temps à travailler sur les mots ? Je ne connais pas d’autres moyens d’amener l’attention des gens là où j’ai envie qu’elle soit, si ce n’est en rendant clairs les observations, les sentiments, les besoins et les demandes, qui, tous, font partie de ce flot. Quand nous sommes connectés à ce niveau-là, le flot se répand tout seul.

Lorsque vous aviez trois mois, et que vous réveilliez au milieu de la nuit, vous ne vous adressiez pas à vos parents en leur disant. « Comment pouvez-vous être aussi insensibles, voilà plusieurs heures que je n’ai pas mangé, levez vos culs paresseux de vos lits et venez me nourrir ! »

A l’époque où vous étiez bébé, vous ne vous êtes jamais exprimé comme ça parce que vous aviez une langue qui vous était naturelle et amenait directement l’attention sur vos sentiments et vos besoins. Mais bien des cultures enseignent une langue qui nous coupe

de cette capacité naturelle. Ce qui fait que l’on apprend à utiliser une langue qui finit par ressembler pratiquement à des insultes, au moment où on est le plus affamé !
La langue girafe est simplement destinée à nous rappeler comment redevenir aussi malin que lorsque nous avions trois mois. Quoi que ce soit que l’on communique, on essaie de mettre les personnes à qui on parle en lien avec nos besoins et sentiments.

A l’âge de trois mois, nous étions vraiment habiles à faire cela, autrement nous ne serions pas là aujourd’hui. Sans l’usage des mots, nous communiquions pourtant très clairement nos sentiments et nos besoins. La langue girafe n’est donc qu’une façon de nous rappeler des choses que nous savions déjà à l’âge de trois mois.

Peu importe ce qui se passe dans la culture où vous vous trouvez, ne vous laissez pas distraire, gardez votre attention sur ce flot naturel et vous verrez que les gens viendront vous y rejoindre.
Bien entendu, il peut être nécessaire d’ajuster les mots qu’on va choisir d’employer suivant la culture dans laquelle on se trouve. Une des cultures dans laquelle je travaille, par exemple, et où l’on n’a pas l’habitude de parler la langue girafe classique, c’est celle de la partie pauvre de la ville de Cleveland, dans l’Ohio (Etats-Unis).

Il s’y trouve des gangs de rue qui sont sans cesse en guerre les uns contre les autres. Mon travail consiste à enseigner la langue girafe à des personnes qui ont été arrêtées pour leur comportement violent.
La première fois que je me suis trouvé avec l’un de ces groupes, j’ai dit que j’étais très heureux d’avoir l’occasion de partager avec les personnes présentes un certain processus de communication… J’en étais là de ma phrase quand un des hommes présents s’est mis à rire: « Communication ? Alors tu te trouves entouré par trois gars d’un autre gang, il y en a un qui te menace d’une arme et tu veux communiquer ? Merde alors ! »

J’ai parlé la girafe avec lui, j’ai mis mon attention sur ce qu’il ressentait, en tout cas j’ai deviné, et j’ai perçu qu’il avait peur à l’idée de communiquer dans certaines situations. J’ai ensuite voulu vérifier si je le comprenais bien : « Est-ce que tu as peur à la perspective de communiquer dans certaines situations ? »

Il a sauté de sa chaise, s’est avancé vers moi en déclarant: «Moi ? j’ai peur de rien, mec !». Ce qui m’a donné l’occasion de parler avec lui la langue girafe idiomatique. Il y a certaines cultures dans lesquelles on ne peut pas parler aux hommes des sentiments qu’ils éprouvent. ll y a des cultures où les gens ne sont pas vraiment heureux de mentionner leurs sentiments, surtout certains sentiments spécifiques.

Si j’avais dit à cet homme: « T’en as plein les bottes, parfois, non ?… » ça, il l’aurait toléré. Mais «peur» en tout cas pas. Donc il a fait mon éducation : si je veux pouvoir lui parler quand je perçois qu’il a peur, je me contente de le percevoir, mais ne mentionne rien de tel à haute voix devant ses pairs. Pourtant, je continue à parler girafe puisque mon attention est quand même sur ce qu’il ressent vraisemblablement. Avec, évidemment, l’inconvénient de ne pas pouvoir vérifier.

J’ai repris: « En tout cas, ce que tu veux que je voie, c’est que ça peut être dangereux de vouloir communiquer dans certaines circonstances ». Il pouvait accepter cela. Il m’a répondu: « C’est facile, pour toi, tu viens de ces coins privilégiés, tu ne comprends rien à ce que c’est de communiquer quand on vient de la rue, tu viens Ici pour gaspiller notre temps avec ta merde ! ».

– « Donc, ce que tu voudrais, c’est quelqu’un qui connaisse davantage ta culture pour venir travailler ici avec vous ? »
– « Et comment ! »
Et l’un après l’autre. Ils ont commencé à s’exprimer et à m’expliquer combien c’était stupide qu’une personne comme moi vienne essayer de leur apprendre quelque chose.

J’ai continué à les écouter avec mes oreilles girafes : parfois j’ai reflété verbalement, parfois en silence… et après une quarantaine de minutes pendant lesquelles ils ont tous crié à mon

adresse à tour de rôle, on pouvait sentir, très progressivement très doucement, une certaine qualité d’énergie se transformer. Le premier qui s’était exprimé avait vraiment une espèce de rage à l’idée de gaspiller son temps avec quelqu’un comme moi. Mais vers la fin, ils parlaient davantage à partir d’un certain désespoir en expliquant combien c’était dur pour eux de vivre dans un environnement où ils passaient leur temps à avoir peur, à être en danger. La plupart du temps, c’est uniquement avec mes yeux que j’ai communiqué : j’ai écouté les sentiments et les besoins qu’ils exprimaient.

Un conseiller, qui faisait partie du programme, a perçu le changement d’énergie dans la pièce. « Qu’est-ce que vous pensez de lui ? » leur a-t-il demandé en me désignant. L’un des gars présents a répondu: « C’est une des personnes qui parlent le mieux de toutes celles que l’on a rencontrées jusqu’ici ». Le conseiller était en état de choc et m’a chuchoté: « Mais tu n’as pratiquement pas ouvert la bouche ! » J’avais pourtant dit beaucoup… en langue girafe idiomatique ! Je m’étais engagé avec ces hommes dans un certain flot énergétique. Donc, ça c’est un exemple d’une culture dans laquelle il n’est pas si facile de parler de sentiments.

C’était bien plus facile, cependant, que de partager la langue girafe avec des policiers en Israël, parce que la communication du style girafe ne faisait vraiment pas partie de la culture du département de police avec lequel j’ai travaillé.
On m’a demandé de travailler avec le département à propos duquel il y avait le plus de plaintes de brutalités. Quand ces policiers se retrouvaient en fin de journée, ce n’était pas pour se dire des choses du style: « Oh, j’ai eu une connexion fantastique avec telle personne, j’ai eu l’occasion de donner de l’empathie à telle autre en pleine détresse », etc. Non, ce n’était pas du tout le style de leur conversation !

Quand j’essayais d’écouter ce qu’ils échangeaient pendant les pauses, ou à d’autres occasions, c’était : « Ce fils de pute m’a insulté, alors je lui ai cassé la gueule ! » A quoi un autre répondait : « T’aurais dû y aller plus fort ! », etc. Et ces personnes n’avaient pas fait le choix de dépenser beaucoup d’argent pour venir me voir et écouter ce que j’avais à leur apprendre. C’est leur chef qui leur avait imposé de venir. Donc, comme vous pouvez deviner, ce n’est pas seulement du fait de leur culture qu’ils ne se montraient pas vraiment réceptifs à la langue girafe, mais parce qu’ils étaient obligés de venir à un cours et menacés de représailles, s’ils n’y allaient pas ! Ce n’était évidemment pas la meilleure manière de les ouvrir à ce qu’ils allaient entendre.

Le gouvernement israélien a fait beaucoup de recherches pour voir quel était l’effet de la langue girafe dans cette culture-là et s’est montré extrêmement satisfait des résultats. Comment ai-je enseigné la langue girafe dans ce contexte ?
En la vivant, en la démontrant. Si vous parvenez à entrer dans ce flot d’énergie qui est le plus proche de ce que nous sommes censés être en tant qu’êtres humains, ceux qui vous entourent vont avoir envie de vous y rejoindre.

Parfois aussi les mots peuvent aider. Alors si les mots peuvent nous aider pour revenir à cette qualité d’énergie, pourquoi ne pas les utiliser ? Evidemment, on va choisir les mots qui nous aident le plus à parvenir à cette qualité. Il se peut que, suivant les circonstances, les mots que nous avons utilisés ces jours derniers, soient les meilleurs possibles pour arriver à créer cette connexion. Alors que, d’autres fois, la même forme va s’avérer un obstacle. On peut alors choisir d’autres mots, l’essentiel étant que notre intention soit toujours de nous connecter au niveau des sentiments et des besoins. Toutes les cultures ont des sentiments et des besoins, les mêmes besoins. Il s’agit simplement de se mettre en connexion avec la vérité de ce qui se passe au coeur des êtres.»

LA PAIX CA S’APPREND

 

 

 

LA PAIX CA S’APPREND

Texte écrit par Thomas D’Ansembourg

 

Unknown

 

Si tu veux la paix, prépare la.

Nous sommes puissants, bien au-delà de ce que nous croyons savoir de nous.

Par habitude, nous sommes beaucoup plus habiles à préparer la guerre que la paix. C’est un vieux logiciel, pavlovien. Et forcément c’est la guerre que nous obtenons. Pour cela, nous avons un ministre et un ministère, une administration et une armée de personnel avec ses corps d’élite, des grands moyens de recrutement, d’entrainement, de communication et de couverture médiatique, d’espionnage et même de recherche, et bien sur une légitimité historique (« on l’a toujours fait… »). La guerre, oui, nous savons y faire.Et la paix, c’est quand, où et comment qu’on apprend à « savoir y faire » ? Où est le ministre, le ministère et le personnel en charge de l’organisation de programmes et formations, du soutien logistique et de la couverture médiatique, où est le budget, le recrutement, le soutien à la recherche et au échanges internationaux ?

Et surtout, qui accepte en haut lieu de légitimer l’éducation – tant scolaire que permanente – à la paix ?

LA PAIX, cela s’apprend, comme les math, le foot, les langues et la conduite d’une voiture.

La paix ne tombe pas du ciel, sauf chez les bisounours. La paix s’apprend, se travaille, s’organise et se structure avec au moins autant d’attention, de rigueur, de détermination et d’engagement que la guerre. Elle requiert une discipline de savoir être, qui permet le savoir être ensemble.Toute maîtrise d’une discipline suppose des apprentissages, donc du temps et la volonté d’y parvenir.

Nous disposons « d’armes » d’outils de construction massive, aussi performants qu’ignorés du grand public.

Il existe des dizaines et dizaines d’outils de paix qui ont fait leur preuves dans de nombreux registres, certains depuis plus de 30 ans et bien plus, pour apprendre à se pacifier soi, pacifier les relations aux autres, ouvrir son coeur et son discernement, gérer ses émotions, faire bon usage de la colère ou de la peur, savoir s’exprimer avec vigueur sans violence, savoir écouter l’autre sans craindre sa vigueur, développer du respect pour l’altérité et de l’empathie pour l’autre, traverser les conflits de façon « win-win », faire les deuils nécessaires, nourrir son inspiration et sa créativité, … Ce sont des processus que nous pouvons apprendre à mettre en place petit à petit dans la durée (v. ci-dessus : rigueur, discipline, structure, engagement et temps) . Rien à voir avec des trucs ou recettes de magazine comme tant de gens le croient.

La majorité de nos contemporains ignorent ces possibilités et subissent leur vie, subissent les tensions récurrentes, le doute et la détresse, la rage et la peur, la frustration croissante et l’amertume (et donc la tentation de compenser leur mal-être plutôt que de nourrir leur bien être), sans même imaginer que des outils existent pour se transformer, transformer sa vie et se déployer autrement.

La majorité de nos dirigeants et des responsables de nos écoles, Hautes Ecoles et Universités, de nos religions, nos administrations, nos média, et de nos journalistes ignorent ou n’ont pas compris la puissance de transformation dont chacun de nous dispose. Ils ne contribuent donc pas à faire connaître ces approches et processus auprès du grand public. Seuls le bouche à oreille et quelques magazines spécialisés, quelques sites internet, quelques rares émissions souvent aux heures tardives, quelques congrès et salons, et quelques affiches aux sorties de livres permettent au citoyen perdu d’avoir un premier contact avec le monde de la transformation intérieure.

Pour éviter de nous retrouver tous ensemble, en flagrant délit de non-assistance à personnes en danger, pire, non assistance à l’Humanité en danger, au sortir des attentats tragiques et à la veille de la Cop21, je propose aux personnes qui partagent ces convictions de témoigner et diffuser largement cette conscience-ci (qui est – pour ce qui me concerne – le fruit de plus de 20 ans de pratique de l’accompagnement des personnes à travers les cycles, saisons et méandres de l’existence) :

– la violence n’est pas l’expression de notre nature : elle est l’expression de le violation de notre nature (Cessez d’être gentil soyez vrai – 2001- p. 233). Lorsque nos besoins fondamentaux (amour, reconnaissance, appartenance, avoir sa place, expression de soi, sens a sa vie, équité, partage, etc) ne sont pas nourris et si nous ne savons comment pas nommer et faire comprendre ce qui se passe en nous, nous pourrions tous être violents.

– ainsi, la violence et la maltraitance faites à la Nature est le reflet spectaculaire de la violence et maltraitance faite par chacun de nous à sa nature intime.

– c’est donc citoyen d’apprendre à respecter sa nature profonde et à se pacifier : un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant. Il est tout sauf passif et béni-oui-oui : il crée un sillage fécond de pacification.

– la clé du changement est à l’intérieur : faisons connaître les outils de paix et de transformation intérieure. « Secouons » (chaleureusement) nos dirigeants de tous ordres pour qu’ils les encouragent et les facilitent concrètement, à l’école (de la maternelle à l’université), dans les hôpitaux, les lieux de sport, les Eglises, les services publics, les administrations, les entreprises.

– et encourageons par notre attitude les sceptiques et les incrédules de tous bord à quitter la posture de sourire gentil parfois narquois voir condescendant que certains peuvent encore adopter lorsque les notions d’éducation à la paix et à la NonViolence sont exprimées ; soutenons nous mutuellement pour découvrir, intégrer et faire découvrir les pratiques qui permettent de développer une Intériorité Citoyenne.

Pour DEVELOPPER CETTE ATTITUDE, voici quelques pistes parmi bien d’autres (pour chaque point des méthodes existent) :

– prendre régulièrement du temps de présence à soi pour ne pas laisser des cocottes minute d’émotions non traitées se remplir et s’empiler dans nos cœurs jusqu’à explosion ou implosion ; et pour ne plus balancer à l’autre « toi tu es la goutte qui fait déborder mon vase ! » (Sans blague, qui est responsable de mon vase intérieur, l’autre ou moi ?).

– développer ainsi une hygiène de conscience, une douche psychique aussi régulière et évidente que notre hygiène et notre douche physiques. Petit à petit, cela permet de jardiner un état de paix et de force intérieures contagieux.

– apprendre ainsi à comprendre et aimer l’humain en nous sous toutes ses couleurs et dans tous ses états, pour ainsi apprendre à comprendre et si pas à aimer du moins à respecter l’humain en l’autre, bien au-delà des conforts qui nous dorlotent et des inconforts qui nous dérangent.

– Lâcher la vieille habitude de vivre les rapports humains comme des rapports de force (domination-soumission-agression-démission-manipulation-séduction-compétition,…). S’ouvrir à et s’habituer à créer des rapports de collaboration, confiance, synergie et co-création.

– développer notre faculté naturelle d’empathie pour l’autre et de bienveillance, même et surtout si nous ne sommes pas d’accord : apprendre à ressentir ce que l’autre ressent avant de lui répondre ; apprendre à lâcher la prétention à avoir raison, source de tant de tensions égotiques stupides Rappellons : « nous avons un choix fondamental dans l’existence : être heureux ou avoir raison » (ACIM, cité par Marshal Rosenberg).

– fréquenter de plus en plus régulièrement et en pleine conscience nos états de joie, pour conjurer le logiciel de la culture du malheur et de la plainte dans laquelle nous avons grandi. Ce qui fait joie fait sens. Et fréquenter nos rêves ; nos rêves sont la clé de l’innovation et du changement. Tous ce qui existe – en dehors de la nature – a d’abord été rêvé !

– développer ainsi notre aptitude naturelle à la gratitude : voir et célébrer ce qui est, ce qu’on a et vit plutôt que de se plaindre de ce qu’on n’a pas ou ne vit pas. La gratitude est la vigoureuse vitamine de la relation à soi, à l’autre à la vie (v. à ce propos les découvertes étonnantes de la Psychologie positive et de la Physique Quantique)

-Voyez, il s’agit bien – comme pour la guerre – d’apprentissages qui demandent du courage, de la rigueur et de la persévérance. Rien de bisounours : c’est du travail. Or nous savons apprendre, nous savons travailler, nous savons être persévérants et rigoureux.

NOUS SOMMES DONC PUISSANTS.

« Older Entries